Récit connu et mystérieux. Une fois que Pierre reconnaît Jésus comme le Messie, longtemps atten
du, il leur ordonne de n’rien en dire. Si c’est une bonne nouvelle, pourquoi la garder comme secret? Peut-être Jésus cherchait à provoquer une réponse par le silence. Est-ce qu’il dit de rien dire pour faire parler? Est-ce qu’il ne veut pas être reconne? Est-ce qu’il veut être reconnu, mais pas comme le Messie selon les attentes historiques et politiques?
Il semblerait que le récit et cette recontre a à voir avec l’identité. Qui est ce Jésus? Qui est le Messie longtemps attendu? Qui est ce Messie que Pierre reconnaît? Jésus confirme la confession de foi et puis se lance dans un discours qui bouleverse la vision stérotype d’un roi (Messie voulant dire “l’Oint” – le roi à venir). Il ne vient pas pour être servi mais pour servir. Ceux et celles qui se mettent à sa suite sont invités à l’oser non pour regner mais pour trouver une vie, une nouvelle vie, une vie renouvellée par le chemin de la croix. Est-ce l’exhoration à une vie de souffrance et de martyr? Est-ce l’invitation à l’échec?
Porter sa croix. Elle était en général quelque chose de lourd. très lourd. On a aidé Jésus avec la sienne. Est-ce possible que Jésus invite ses auditeurs par cette parole à une vie communautaire, à une foi qui se vit pas en solitude, chacun pour soi, mais en unité, en collaboration, solidarité et un dynamism de groupe qui ne se base pas sur l’exclusion des autres, mais plutôt sur une identité christique et salvatrice qui remet en question nos habitudes, nos systèms sociaux et nos adhérences politiques.
Suivre c’est un choix. Dans notre société informatisée d’aujourd’hui le mot “suivre” s’associe souvent avec TWITTER où on choisit de suivre quelqu’un pour savoir ce qu’ils disent, pensent ou font. Mais suivre Jésus c’est plus que d’être ami dans un sens facebookien. C’est se mettre en marche, en mouvement, s’engager dans une voie, changer de cap et d’orientation en vue de quelque chose de plus grand. Cela implique un engagement de notre temps, notre argent, nos pensées, nos relations et notre créativité.
On pourrait se demander ce que cela implique pour nous en France en 2010: société de plus en plus déchristianisée. Eglise qui voit disparraître des anciens, profiles de ceux et celles qui donnaient leur temps et leur argent pour faire vivre la communauté d’église. Culture qui loue la réussite matérialiste et l’accumulation des biens.
Jésus demande à ses disciples: “qui dites-vous que je suis?” Il nous pose la même question aujourd’hui. Elle implique que ce que nous sommes lui est important. Comment répondons-nous avec nos paroles, nos actes, nos biens et notre imagination?